Promouvoir un secteur économique

Le professeur d’hier et d’aujourd’hui

Si aujourd’hui les critères pour départager les candidats aux postes de maître de l’Ecole sont fixés, notamment en matière de compétences professionnelles et pédagogiques, cela n’est pas la cas au début. On choisit souvent un maître parmi les habiles artisans de la place, ce qui ne garantit pas qu’il soit bon professeur.

Prohistoire (Gérard DUC)

Épisode 5 – Narration

On demande au professeur d’aujourd’hui non seulement un savoir-faire technique, mais également des compétences pédagogiques.

Au 19e siècle, les maîtres de l’école sont choisis avant tout parmi les habiles horlogers. Parfois, le choix s’avère discutable. En 1867 par exemple, on place beaucoup d’espoirs dans un habile horloger de 68 ans pour l’enseignement du repassage. Après une année à l’essai, le Conseil administratif reconnaît qu’il n’est « pas doué des qualités essentielles pour l’enseignement désiré » et il n’est pas confirmé à son poste. A près de 70 ans, tenir une classe de jeunes d’une quinzaine d’années n’est pas aisé. Cependant, faute d’allocations de retraite, travailler jusqu’à un grand âge n’est alors pas un choix. En 1878, Louis Boiteux, âgé de 75 ans et qui fut un temps principal de l’école, démissionne après 35 ans d’enseignement. Malade des yeux, sans aucune ressource, il sollicite une allocation pour être admis à l’Asile des vieillards.

Les conditions salariales des maîtres de l’école sont pourtant plus favorables que celles des ouvriers horlogers. Cela explique que certains jeunes maîtres de l’école sont parfois débauchés dans les meilleures fabriques de la place. Et d’aucuns deviennent plus tard des célébrités, comme Edmond Olivier (1870-1954), l’un des meilleurs régleurs de l’histoire de l’horlogerie, maître de réglage de 1906 à 1919.

Prohistoire (Gérard DUC)

Apprendre le métier d'horloger : l'Ecole d'horlogerie pour jeunes filles
Apprendre le métier d'horloger : l'Ecole d'horlogerie pour jeunes filles

Illustrations Fabian Menor

Promouvoir un secteur économique

L’apprenti.e d’hier et d’aujourd’hui

L’accès à l’Ecole d’horlogerie est aujourd’hui bien réglementé. Les futur.e.s apprenti.e.s doivent avoir finir leur Cycle d’orientation. Tel n’a pas toujours été le cas et, au 19e siècle, l’accès est fluctuant, reposant exclusivement au début sur le critère de l’âge. A une époque où l’école n’est pas encore obligatoire jusqu’à 13 ans, les différences de niveau scolaires sont très importants.

Prohistoire (Gérard DUC)

Épisode 4 – Narration

Aujourd’hui, un jeune homme ou une jeune femme peut débuter sa formation à l’Ecole d’horlogerie dès la fin du Cycle d’orientation.

Tel n’est pas le cas au 19e siècle. Si l’âge minimum d’entrée à l’école va peu à peu être fixé, comme actuellement, à 15 ans, la différence est que la plupart des apprentis accèdent aux établis d’horlogers après un passage souvent bref sur les bancs de l’école primaire uniquement. Seuls les premiers mois en classe de blanc – ou d’ébauche – permettent de réellement tester les aptitudes des apprentis.

Les graves lacunes scolaires poussent certains à défendre, dès les années 1850, un accès aux seuls candidats ayant suivi l’école secondaire, ce qui, selon d’autres, revient à favoriser les parents aisés. Pour les autorités municipales, garantir aux enfants issus de familles moins riches la possibilité de se former à l’horlogerie est primordial. L’accès à l’école n’étant pas gratuit, le Conseil administratif met sur pied un système de bourses en 1857. En 1866, la révision du règlement prévoit que l’école fournisse aux apprentis tous les outils nécessaires qui demeureront en leur possession à la fin de l’apprentissage. Quant à la classe des filles, les autorités renoncent à tout écolage.

L’amélioration du système scolaire genevois au fil des ans et l’institution d’un examen des connaissances à l’entrée permettent d’améliorer le niveau général des apprentis de l’Ecole d’horlogerie.

Prohistoire (Gérard DUC)

Promouvoir un secteur économique : l'apprenti d'hier et d'aujourd'hui
Promouvoir un secteur économique : l'apprenti d'hier et d'aujourd'hui

Illustrations Fabian Menor

Logo de Cadrange sur fond noir

Infomations

info@cadrange.ch

Politique de confidentialité

Ce site est protégé par reCAPTCHA et Google. Pour plus de renseignements, veuillez vous référer à la politique de confidentialité et aux conditions d’utilisation de Google.